Liste noire des sectes en France 

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La liste noire des sectes
un rapport sous influence

SECTE : les origines d'une étiquette dure à décoller

La polémique autour des nouveaux mouvements religieux semble aujourd'hui apaisée chez nous. C'est cependant loin d'être le cas en France, où le comportement de certains politiques continue ici et là d'influencer l'opinion, notamment en Suisse romande.

1995 voit naître en France la Mission Parlementaire de Lutte contre les Sectes (MILS). Composée de membres du Parlement français, elle publie des rapports basés sur des données fournies par les Renseignements généraux français.

Elle fait ainsi circuler une liste de pratiquement tous les mouvements et courants spirituels existant en France, qu'elle regroupe indifféremment sous l'appellation de "secte". Un climat de chasse aux sorcières s'établit alors dans le public, bien que le rapport ne comporte aucune accusation ni précision (voir annexe 1).

Là se trouve sans doute l'origine du spectaculaire amalgame entre "secte" et "association spirituelle", aujourd'hui partagé par une large partie du public.

Bien que la liberté de pensée soit inscrite dans la Constitution française, il en résulte que se préoccuper de spiritualité en dehors des églises officielles devient à priori condamnable. S'il est vrai que la justice doit faire son travail face aux dérives de certains (notamment la principale affaire de secte en France, le massacre de l'OTS. Celui-ci apparaît avec le recul comme une affaire aux ramifications politico-mafieuses, trouble et non élucidée.), il n'empêche que la publication de cette liste entretient encore aujourd'hui la haine de la différence et la peur.

Un rapport sans valeur juridique

D'après les dispositions de l'Assemblée nationale :

Les conclusions des commissions d'enquête ne peuvent constituer par elles-mêmes des décisions. Le principe de la séparation des pouvoirs est là pour interdire à de tels organismes de prononcer des sanctions ou d'agir aux lieu et place de l'administration. Mais dès lors que les rapports des commissions font l'objet d'une publication plus ou moins largement relayée par la presse, leurs investigations ne peuvent manquer de trouver un écho auprès de l'opinion publique et des autorités gouvernementales. Les commissions d'enquête disposent de ce fait d'un pouvoir d'influence et d'incitation non négligeable.
source : http://www.assemblee-nationale.fr/connaissance/collection/12.asp

Cependant, du moment que le rapport en question portait le sceau du Parlement, la plupart de ceux qui en ont pris connaissance, l'ont jugé digne de foi, voire qu'il avait force de loi. Il va sans dire qu'aucun effort n'est entrepris pour clarifier ce point.

La loi About Picard

En 2001, les choses se durcissent encore avec le projet de la loi dite About Picard, qui fournit les arguments juridiques nécessaires à l'élimination légale de certaines minorités religieuses. (voir annexe 2)

Elle va surtout susciter de violentes critiques envers la France. Notamment de la part de membres de l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe. Elle fait aussi l'objet d'un blâme de la part du président de la Commission sur la Sécurité et la Coopération en Europe, dans son rapport au Congrès américain en juillet 2001.

Il faut bien préciser que cette loi reflète la vision d'une minorité de parlementaires et non pas celle du gouvernement.

Mea culpa

En 2002, les services du Premier Ministre abrogent la MILS et son président Alain Vivien doit démissionner pour avoir causé un embarras considérable au gouvernement de son pays. Cependant, le 28 novembre 2002, la MILS renaît de ses cendres sous le sigle à peine plus nuancé de Mission Interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES). (voir annexe 3)

Certains préjugés ont la vie dure

Le décret n° 2002 -1392 du 28 novembre 2002 qui institue la MIVILUDES, ne mentionne cependant aucun mouvement dit "dangereux", ni l'existence d'aucune liste. C'est la preuve que celle-ci était contraire à la Constitution française qui garantit la liberté de culte.

On pourrait donc croire que les choses sont rentrées dans l'ordre. Que nenni !
Les acteurs de la MILS originale semblent toujours autant déterminés à poursuivre certains de leurs concitoyens par rapport aux croyances de leur choix.

Pour s'en convaincre, il suffit de lire la dernière publication présentant les travaux préparatoires de la MIVILUDES (voir annexe 4). Ils concernent la création d'une commission d'enquête relative à l'influence des mouvements à caractère sectaire et aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et mentale des mineurs, n° 3107, déposée le 19 mai 2006

La MIVILUDES doit rendre son rapport fin 2006. ¤

 

 
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