Les progrès inquiétants de la laïcité
militante
En décembre 2009, la Cour européenne des droits de
lhomme (CEDH) sen prenait aux crucifix des écoles
publiques en Italie.
Au départ, le recours dune italienne dorigine
finlandaise, qui voyait dans la présence de croix dans les
classes une pression de lEtat sur les enfants. LItalie
se retrouvait condamnée.
« LEurope ne nous laisse que les citrouilles
dHalloween ! »
Ô combien pertinente cette exclamation échappée
au cardinal Bertone, secrétaire dÉtat du Vatican,
à la suite de ce diktat. Halloween nétant jamais
quun travesti américain de la fête de la Toussaint*,
sa valeur mercantile la en effet rachetée aux yeux
de la CEDH.
Présenté au départ comme une simple intégration
économique, le concept européen devient peu à
peu une grande machine contrôlée par
des juges !
Comme le montre cette condamnation, une nouvelle forme de gouvernement
se met en place, dont les décisions sont au-dessus des lois
et des constitutions.
Même sils ont aujourdhui leur propre Cour, et
cette affaire le démontre, les Droits de lhomme continuent
de briller par leur manque de mise en pratique. A moins quune
notion de transcendance ne vienne les compléter, le projet
européen ne pourra que capoter.
*Egalement célébrée le 1er novembre
et dorigine celte dailleurs
Les nouveaux iconoclastes
LHistoire se répète, sinon en inversant les
rôles, mais chaque fois avec des effets désastreux.
Alors quautrefois St Martin sen prenait aux menhirs,
des fanatiques athées sen prennent aujourdhui
aux croix de montagne. Témoin celle du sommet des Merlas
(FR) récemment sciée à la tronçonneuse.
La deuxième en moins de quatre mois, selon les autorités
de la région.
En plus mesquin, cette employée de la British Airways renvoyée
pour avoir refusé dôter la petite croix quelle
portait au cou. Il semble que la burka ne soit plus la seule à
trinquer !
Quelques réjouissantes nouvelles sur ce fond dabsurdité
Des changements récents dans la constitution du canton de
Vaud, en Suisse romande, incite le CLIMS à comparer son sort
avec celui de ses homologues français. Parmi les points les
plus éclairés citons :
Article 169 Principes
1 L'Etat tient compte de la dimension spirituelle de la personne
humaine.
2 Il prend en considération la contribution des Eglises et
communautés religieuses au lien social et à la transmission
de valeurs fondamentales.
Article 171 Communautés religieuses d'intérêt
public
1 La communauté israélite, telle qu'elle est établie
dans le canton, est reconnue comme institution d'intérêt
public. A leur demande, l'Etat peut reconnaître
le même statut à d'autres communautés religieuses;
il tient compte de la durée de leur établissement
et de leur rôle dans le canton.
Autrement dit, ce dernier article ouvre un espoir à des
minorités telles que celles représentées au
CLIMS. Celui de voir leurs efforts dans le domaine des réformes
sociales mieux appréciés et soutenus.
O fortunatos nimium**
Comme le remarquait Louis de Jaucourt (un des coauteurs de l'Encyclopédie
de Diderot) à propos du pays de Vaud au XVIIIème siècle :
« Pays où la terre partout cultivée
et partout féconde offre aux laboureurs, aux pâtres,
aux vignerons, le fruit assuré de leurs peines, que ne dévore
point l'avide publicain.
« On voit le Chablais sur la côte opposée,
pays non moins favorisé par la nature, et qui cependant n'offre
aux regards qu'un spectacle de misère. On distingue sensiblement
les différents effets de deux gouvernements pour la richesse,
le nombre et le bonheur des hommes
»
Description saisissante, d'ailleurs encore perceptible de nos jours,
qui démontre les effets de deux types de pouvoir. L'un centralisateur,
en l'occurrence alors la Savoie, l'autre influencé par les
effets de la Réforme.
** Premiers mots d'un poème de Virgile :
« O fortunatos nimium, sua si bona norint ! Agricolas ! »
(Ô trop heureux les cultivateurs, s'ils connaissaient leur
bonheur !).
Astérix revisité
Il suffit dailleurs de contempler la carte des pays membres
de l'Europe pour voir à quel point ces petits bergers
têtus (selon le mot d'Adolf Hitler à propos des
Suisses) rechignent à s'aligner.
Dommage que le modèle européen n'ait pas adopté
la démocratie directe dont jouit la Confédération
suisse : des cantons souverains déléguant une
petite parcelle de leur pouvoir à un collège de conseillers
fédéraux, simples chargés de coordination.
Les citoyens votent la plupart du temps hors parti, et choisissent
le plus souvent la voie du bon sens.
Terminons cette note optimiste avec ces quelques mots de Benoît
XVI sur la liberté religieuse :
« Une nouvelle réflexion sur le vrai sens
et sur limportance de la laïcité est devenue nécessaire.
Il est en effet fondamental, dune part, dinsister sur
la distinction entre le politique et le religieux, afin de garantir
aussi bien la liberté religieuse des citoyens que la responsabilité
de lÉtat envers eux, et dautre part, de prendre
une conscience plus claire de la fonction irremplaçable de
la religion pour la formation des consciences et de la contribution
quelle peut apporter, avec dautres instances, à
la création dun consensus éthique fondamental
dans la société. » ¤
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