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Les membres du CLIMS vous livrent ici quelques commentaires sur
des ouvrages dignes d'intérêt dans le domaine de l'étude
d'un mouvement ou du domaine des nouveaux mouvement religieux.
Ces notes ont été discutées et approuvées
par le comité avant d'être publiées.
La France
face
aux sectes
par Bruno ETIENNE
ISBN : 2-01-235569-2
Hachette littératures, Paris, 2002
235 pages
Bruno Etienne analyse, en collaboration avec plusieurs chercheurs
de lobservatoire du religieux dAix-en-Provence, le croisement
du champ politique et du champ religieux en France sur la question
des sectes. Les thèmes habituels dans ce genre douvrages
sont traités : définition du mot secte, situation
juridique, particularités de lEtat laïc, crédibilité
des apostats.
Des thèmes moins habituels y figurent aussi comme lattitude
des médias agissant comme des pistoleros du jugement, nayant
que laudimat comme critère, lattitude de lEglise
catholique qui réagit comme «une entreprise victime
de concurrence déloyale».
A noter lexcellent résumé de l'encyclique Dominus
Iesus. La parole est largement donnée aux membres des nouveaux
mouvements religieux que lon refuse de voir comme «de
pauvres imbéciles manipulés». Le Mandarom et
la Sokka Gakkai sont les deux mouvements pour lesquels les investigations
ont été les plus poussées. Le résultat
est riche et intéressant.
On déplore par contre la méthode utilisée
pour analyser Shri Ram Chandra Mission pour laquelle une seule personne
a été interviewée. Dautres mouvements
ont eu encore moins de chance, puisquon sest contenté
de colporter des informations glanées sur les sites Internet
dassociations anti-sectes, qui ont pourtant refusées
de rencontrer les chercheurs.
Sur la base de lanalyse du phénomène sectaire,
le constat fait par Bruno Etienne est quil y a un désintérêt
pour les institutions religieuses et politiques, quil y a
une rupture avec les croyances dogmatiques. La société
civile, plus en avance que les raideurs étatiques semble
préférer un pluralisme religieux et un relativisme
culturel, même avec ses travers comme une croyance à
la carte, bricolée selon les désirs de chaque individu.
La République,
les religions, lespérance
par Nicolas SARKOZY
ISBN : 978-2-266-15708-7
Edittions du Cerf, Paris, 2004
209 pages
Publié en 2004, ce livre prend une nouvelle dimension maintenant
que son auteur préside aux destinées de la République française.
Exposé vivant, sous forme d’un entretien entre Nicolas Sarkozy,
alors Ministre de l’Intérieur et des Cultes, Thibaud Collin, agrégé
de philosophie et le Père dominicain Philippe Verdin.
On y découvre un être humain sensible, au service des gens, et
déterminé à résoudre les conflits par le dialogue. Les questions
traitent principalement de la place de l’islam comme religion au
sein de la République française.
Par exemple, on apprend comment, dans les années 1920, reconnaissant
envers les soldats musulmans tombés en 1914-1918, le gouvernement
français apporte son aide à la construction de la Grande Mosquée
de Paris.
Par la suite, sans succès, plusieurs ministres de l’Intérieur tentent
d’y ajouter une instance représentative de la religion musulmane :
le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM). Avec plus de vigueur
que ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy parvient enfin à l’établir
en 2003.
Avant cela, remarque le futur président : sur le terrain,
on bricolait de plus en plus de mosquées dans les caves et les garages
tandis qu’un extrémisme militant se développait sur ce terreau porteur.»
L’auteur rappelle que, contrairement à l’anticléricalisme, la
laïcité est au service de la liberté pour chacun des citoyens de
la République de vivre ou non une religion et de la transmettre
à ses enfants comme il l’entend.
Face aux inquiétudes courantes sur le sujet, Nicolas Sarkozy a
cette remarque, d’ailleurs récurrente dans ses propos :
J’ai la conviction que plus on donne de droits, moins ceux auxquels
on les reconnaît ont tendance à en abuser. A l’inverse, moins on
reconnaît de droits à une minorité, quelle qu’elle soit, plus elle
risque de se radicaliser.
Et plus loin… Je crois au processus vertueux de la responsabilisation
dans tous les domaines, y compris les plus sensibles.
L’auteur n’opère pas dans une tour d’ivoire, mais se déplace, écoute,
dialogue et ne lâche pas prise, convaincu que la résolution des
conflits repose sur la communication réciproque.
Au chapitre des « sectes » Nicolas Sarkozy rappelle d’abord
que :
1) Les seules limites que l’Etat doit faire respecter sont celles
de l’ordre public.
2) Il n’existe pas de critère juridique précis qui fasse la
distinction entre ce qui relève de la secte et ce qui relève de
la religion.
Il est cependant d’avis qu’en France les religions s’organisent
autour des trois plus anciens courants que sont les églises chrétienne,
juive et musulmane. Il ne conteste pas l’indouisme et le bouddhisme
en tant que grandes religions, mais fait état de leur présence beaucoup
plus discrète sur le territoire français.
Quant aux toutes nouvelles pratiques, telles par exemple les
Raëliens et la Scientologie, il rappelle leur poids moindre
en termes de pérennité séculaire. Le fait qu’une foi soit ancrée
et résiste à des siècles d’Histoire, est pour lui un
facteur de reconnaissance clef.
Pour le reste, ses propos relèvent du bons sens : En
l’état actuel, nous n’avons aucun indice d’une vague de dérives
sectaires qui submergerait la France. Certes il faut rester vigilant...
Je me demande cependant si parfois l’on n’a pas été trop loin, jusqu’à
faire preuve d’un certain sectarisme.
Quoi qu’il en soit, il différencie vigoureusement l’extrémisme
religieux et le droit de millions de citoyens français de vivre
leur foi dans le respect et la dignité. Nicolas Sarkozy est sans
doute depuis longtemps le premier homme politique à parler sans
honte de sa foi, et à lancer un tel appel à la tolérance religieuse
dans un Etat laïc tel que la France.
Aux chapitres du livre :
Le fait religieux et la laïcité
L’Islam et la République
La loi de 1905 obsolète ?
Les sectes
Les Eglises et l’Europe
La religion et l’éducation
La naissance
des nouvelles religions
par Jean-François MAYER &
Reender KRANENBORG
ISBN : 2-8257-0877-1
Georg, Genève, 2004
212 pages
L'intérêt de cet ouvrage collectif est de présenter
différents mouvements religieux avec la même attention
et selon les mêmes méthodes que la science des religions
applique aux grandes traditions religieuses de l'humanité,
sans pour autant cesser d'être accessible à un large
public.
Après une introduction sur ce qu'il convient d'entendre
par nouvelle religion, nous découvrons sous la plume de chercheurs
confirmés l'histoire, la pratique et la doctrine de l'Eglise
de l'Unification du révérend Moon, du caodaïsme
vietnamien, de l'Eglise des Saints des derniers Jours, du mouvement
indien des Brahma Kumaris, de la Révélation d'Arès
issue du christianisme, de la foi baha'ie sortie de l'islam iranien
pour terminer avec l'ordre de l'aumisme au syncrétisme caractérisé.
Voilà un parcours sans jugement de valeur, mais non dénué
de sens critique, dans lequel les membres de ces nouvelles religions
pourront largement sinon totalement se reconnaître et qui
fait comprendre à tous, croyants ou humanistes, que le religieux
n'est pas seulement une affaire du passé mais qu'il s'en
produit sous nos yeux. Un regret pour terminer, qu'aucun mouvement
japonais - un pays spécialement riche en la matière
- n'ait trouvé place dans cet ouvrage.
L'état
inquisiteur
par Joël LABRUYERE
ISBN : 2-909735-22-2
Les 3 Monts, Auxerre, 1999
270 pages
Depuis l'effervescence suscitée par l'affaire du Temple
solaire, et surtout en France, le fait d'appartenir à une
organisation spirituelle structurée comporte aujourd'hui
certains risques.
En effet, et sans doute pour la première fois dans l'histoire
de la République française, d'aucuns envisagent la
remise en question d'un droit aussi fondamental que la liberté
d'association. Sans valeur juridique, bien qu'issu d'une commission
d'enquête de l'Assemblée nationale, un rapport parlementaire
fortement médiatisé a fini par créer cette
impression.
En 1996, interloqué par le phénomène, Joël
Labruyère, un journaliste d'investigation, tente de découvrir
si oui ou non les groupes spirituels représentent un danger.
Après trois années d'enquête auprès
de représentants de divers mouvements, l'auteur nous livre
un constat précis de la situation, sans pour autant prendre
parti pour l'un ou l'autre. L'Etat inquisiteur amène
cependant des réponses à des questions telles que :
A quoi correspond la floraison des groupes spirituels ?
Pourquoi le sujet est-il tant médiatisé ?
Comment les politiques et les média se
sont embarqués dans cette campagne ?
La liberté de pensée, de culte
et de réunion sont-ils ou non en danger ?
L'audit
sur les
dérives sectaires
par un groupe de travail dirigé par Bellanger François
ISBN : 2-940031-71-1
Ed. Suzanne Hurter, Genève, 1997
294 pages
Suite aux drames de l'OTS, surtout celui de décembre 1995,
qui frappait directement des familles genevoise, le Département
de Justice et Police de Genève mandate un groupe d'experts
pour étudier les moyens de lutter contre de telles tragédies.
Présidé par Me François Bellanger, spécialiste
en droit administratif, un groupe de juristes rédige alors
un audit qui a le mérite de rester objectif à un moment
où les émotions dominent.
Bien de dressant un inventaire pénal complet, ce document
tente de combler certains vides, notamment au niveau de certaines
définitions et d'abus commis dans un cadre religieux.
Les experts proposent une série de mesures et de lois supplémentaires.
La suite a montré que le législatif n'a pas jugé
nécessaire de suivre ces recommandations. Seule l'idée
de la création d'un centre d'information est retenue, ce
qui a donné naissance au "Centre intercantonal d'information
sur les croyances" (CIC) de Genève.
A la lecture de ce rapport, du côté positif, on retiendra
l'aspect objectif et impartial des experts, leur volonté
de ne pas peindre le diable sur la muraille mais de proposer des
solutions à des événements dramatiques. Un
bémol cependant sur les deux suivants :
a) l'absence de sociologue et d'historien des religions parmi les
experts,
b) la création d'une définition de "dérives
sectaires", qui laisse croire qu'il existe une criminalité
propre aux sectes, alors que les délits décrits sont
couverts par le code pénal en vigueur.
Pour
en finir
avecles sectes
par un groupe d'auteurs dirigé par
Massimo Introvigne & Gordon Melton
ISBN : 88-85237-11-8
Ed. CESNUR & Di Giovanni, Milan, 1996
355 pages
Suite à la publication du rapport Guyard de la commission
parlementaire française sur les sectes, contenant une liste
controversée de mouvements très divers, M. Introvigne
et G. Melton ont demandé à une série d'experts
de se prononcer sur ce document.
Même si aucun auteur n'approuve la publication de cette liste,
les avis divergent quant à la démarche. L'avantage
d'un tel ouvrage et de présenter des approches très
diverses sur le phénomène :
des sociologues des religions (comme Wilson,
Dericquebourg ou Beaubérot),
des juristes (comme O.-L. Séguy ou P.
Gast),
des théologiens (comme Mgr Vernette ou
le père Bergeron).
Ce livre très intéressant n'a pas pour but de répondre
à toutes les questions. Au contraire, les deux directeurs
de l'ouvrage souhaitent profiter de la controverse créée
par le rapport pour poser davantage de questions, mais en tentant
de donner des bases aussi objectives que possibles au dialogue.
Hormis les questions générales abordées dans
le livre, certains textes abordent des questions plus spécifiques.
Parmi les sujets figurent :
la Nouvelle Acropole,
la Rose-Croix d'Or (Lectorium Rosicrucianum),
les Témoins de Jéhovah,
l'Eglise de l'Unification (Moon),
les Enfants de Dieu / la Famille,
la Scientologie,
la Soka Gakkai,
le Mouvement raëlien,
la religion aumiste,
IVI (Initiation à la Vie),
l'Office culturel de Cluny et
la TFP (Société française
pour la défense de la Tradition, Famille et Propriété).
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